Image de Soi dans une problématique de poids

« J’ai un problème d’obésité, depuis 2005 »,
« J’ai fait des régimes toute ma vie, mais là, je n’arrive plus à perdre un gramme »,
« Quand j’arrive à quelque chose, j’arrête tout ».

C’est ainsi que Anne-Laure (c’est ainsi que nous l’appellerons), 58 ans, énonce « son » problème lorsqu’elle vient me voir.

Elle pose aussitôt un objectif en 2 temps : d’abord revenir à « un poids à 2 chiffres » (elle en est à 106 kg) puis atteindre son « poids idéal : 76 kg ».

Elle a découvert l’EFT en inscrivant « maigrir » sur internet et a déjà commencé à tapoter sur elle, notamment à l’aide d’un DVD, qui l’a réconfortée et lui a permis de prendre quelques distances avec « son » problème. Elle sent qu’elle a besoin d’être accompagnée pour aller plus loin.

En quelques minutes, elle résume une vie à lutter contre une situation bloquée, avec « la peur de pas y arriver » et « son envie de manger », ces périodes à broyer du noir où « on a mangé, mangé… » (« on », car Anne-Laure a maintenant dans sa vie un mari aimant pour l’accompagner. Il a même pris des kilos avec elle…).

L’histoire d’Anne-Laure et celle de sa mère

Son histoire, livrée en quelques minutes, tourne autour de la relation à sa mère. « Je suis la 16e de 16 enfants vivants », « Je n’ai jamais pu faire ce que je voulais avec ma mère », « La seule chose qu’elle nous a donnée, c’est de la nourriture », « pas d’affection », « on n’était que des numéros », « Il fallait bosser, ne rien demander », « Elle m’a fait arrêter l’école, elle ne voulait que l’argent », quelques images précises, des souvenirs avec sa honte, sa tristesse, le manque d’amour qui a construit son enfance, sa révolte intérieure… « Je me suis mariée pour partir de chez moi »

Progressivement, elle dit son dégoût pour cette femme qui était grosse, « pas soignée », « pas très propre », « une mère souillon » et évoque même une scène précise dont le souvenir tactile, les odeurs sont encore présentes, une odeur surtout (elle avait environ 8 ans).

Sans entrer dans tous les aspects abordés (et tapotés) au cours de cette séance, on avait touché là le noyau important, qui obturait tout le reste. « On est tous gros comme elle » et on tapote maintenant sur cette ressemblance insupportable, cette « obésité morbide ».

À ma question sur le physique de son père, elle semble surprise et dit très vite : « Non, lui, il était sec » (Petit silence derrière son regard, on ira creuser plus tard). Déjà, on peut faire « couler » la croyance profondément inscrite qu’elle ne peut pas être autrement, qu’elle est forcément « programmée » comme ses frères et sœurs, juste par « les gênes de sa mère », son « seul héritage ». 

Photos de sa mère

Je lui demande si elle a des photos de sa mère (aujourd’hui décédée) et si elle veut bien en choisir 1 ou 2 pour notre prochaine séance.
Lorsqu’elle revient avec 2 photos dans son sac, je sens bien que quelque chose s’est passé : elle a rencontré une autre image, celle qu’elle n’avait pas vue, pas pu voir avant. Et ensemble nous avons posé les yeux sur cette réalité, nous l’avons tissée dans son système énergétique, en tapotant. Anne-Laure a choisi une photo où elle est assise sur un fauteuil, sa mère debout à ses côtés. Juste elles deux. Elle me précise que c’était un épisode de sa vie où elle faisait de la dépression. Elle a 27 ans

Ce jour-là, une barrière s’est dissoute (voir ci-après ce que Anne-Laure en dit) et nous avons ensuite pu aller à la rencontre d’autres aspects qui alimentaient sa souffrance, jusqu’à sa peur de lire les grammes sur la balance et pourtant cette obsession, cet acharnement à y monter (parfois jusqu’à 2 fois par jour !).

J’ai vu Anne-Laure 4 fois au mois de juin 2008, puis 1 fois à la fin du mois d’août 2008. Elle n’avait pas encore perdu de poids mais vivait une phase d’acceptation : elle avait pu se mettre en maillot de bain et s’allonger sur la plage, sans les peurs qui l’habitaient avant, jusqu’à celle de ne pas pouvoir se relever. Une autre victoire aussi : elle avait reçu sa famille (enfants, petits-enfants), elle avait mangé normalement avec eux et n’avait pas pris de poids. D’autres aspects sont remontés ce jour-là, avec une culpabilité d’avoir transmis « tout ça » à ses enfants.

3 mois après

En novembre, Anne-Laure m’écrit ceci :

« J’avoue qu’aucune journée ne s’est passée sans une pensée EFT, même sans tapoter ; EFT ne m’a plus quittée depuis que je l’ai pratiqué avec vous. … Le travail sur photo, c’est cette partie qui me ramène à EFT. Quelle réussite cette réconciliation avec MAMAN !
Je pense à ces fabuleux moments où j’ai tant pleuré, submergée par l’émotion de tous ces souvenirs qui me faisaient souffrir, et au gré des tappings j’ai redécouvert que je m’étais forgé une barrière sur des choses bien précises.
Ma relation à ma mère a été la plus troublante car au gré de ces tappings les choses que l’on pense si évidentes deviennent moins sûres. On découvre qu’on a peut-être durci le souvenir, par déception. Mais en fait, j’en ai voulu à ma mère alors qu’elle a juste fait ce qu’elle pouvait et là, je vous redis ma gratitude pour m’avoir fait traverser ces souvenirs en tapotant avec moi jusqu’à me faire redécouvrir des évidences que vous aviez bien sûr comprises avant que je ne les redécouvre ; et là j’ai vécu la minute miraculeuse.
Vous m’avez beaucoup vu en larmes, mais combien d ‘émotions négatives s’en sont allées en tapotant, juste en tapotant en ayant sous les yeux une photo de maman avec moi : j’ai accepté de voir qu’elle me regardait avec amour !

Voilà, Johanne, tout le bien que vous m’avez procuré au gré de mes séances avec vous. […]
Oui, j’ai perdu un peu de poids, oh, pas énorme : 3 kg 500 c’est mieux que rien mais j’ai récupéré une vraie sérénité et je vais bien. »

Anne-Laure peut maintenant aller plus loin.

Au cours d’un échange (dans un mail du 2 décembre), elle glisse : « Je suis toujours en lutte contre mes kilos… » « Je persévère avec l’EFT, et ça me va bien. »
Elle connaît bien l’EFT maintenant, aussi lui ai-je suggéré ceci :
« Tiens, puisque vous voilà à nouveau à tapoter, juste quelques directions de tap tap :
« Même si je ne sais pas exister autrement qu’en luttant contre mes kgs…, je m’accepte sans me juger »
et quelques variantes pour des rondes :
…j’ai tellement l’habitude
…je pense toujours à mes kg.
…je me demande si je pourrais vivre sans y penser
…quand je lutte contre mes kg, au moins je fais quelque chose pour moi.

« Et si, même si j’ai tous ces kg, je pouvais arrêter de me sentir en lutte …  » 
et quelque part, vous pourriez peut-être « imaginer » ce que serait votre vie sans cette pensée constante et passer ces « possibles envisageables » dans une ronde…
« Même si, sans tous ces kg, je ne serai peut-être plus moi-même, je… « 

Car le problème ici est sans doute plus la lutte que les kg… 
»

Anne-Laure s’est tout de suite sentie concernée :

« Que serais-je sans ce problème de poids ? sur quoi pourrais-je me focaliser ? ça paraît énorme pour moi qui voudrais tellement maigrir d’écrire ce genre de choses et pourtant voilà une question judicieuse. »

Dans un courriel du 22 décembre 2008, Anne Laure rajoute :

« Un oubli… de taille, quand même ! J’ai omis de vous dire que si je n’ai perdu QUE 4 kg, en revanche, j’ai quand même perdu 8 cm de tour de taille, et 6 cm de tour de hanche. Mesure prise ce matin ! Tout ceci depuis août 2008 ! Vous voyez, il y a des résultats très parlants. »


Au fil du temps… 

Le 19 06 09, Anne Laure m’adresse de ses nouvelles :

« Ma perte de poids continue, très sereinement. Cela va doucement mais sûrement.
Vous savez, Johanne, plus j’avance dans la vie , plus je pense à maman ; et une amie à qui j’ai raconté mon expérience EFT m’a dit : « Il faut savoir pardonner ». Eh bien, la réponse que je lui ai faite m’a étonnée moi-même tant c’est devenu une évidence : « Je n’ai rien à lui pardonner, elle a juste fait comme elle pouvait »
Vous voyez, l’EFT m’accompagne toujours et pour mon poids, j’ai -10 kgs ! pas mal, non ? et tout ça dans la sérénité. »

Quelques mois plus tard, Anne-Laure a tenu à laisser un témoignage de son expérience avec l’EFT.
Vous pouvez le lire ICI

Johanne Desterel

Si vous partagez ce témoignage, merci de citer vos sources:
Johanne Desterel, Praticienne et formatrice EFT, Zensight.
courriel :
 
jod470@orange.fr,  site : https://johannedesterel.com

Qu’est-ce qui m’empêche d’avancer ?

Cette question a fait l’objet d’un « Atelier à Thème ». Pour voir ce que sont ces ateliers cliquer ICI

Que vous soyez familier de l’EFT, thérapeute ou simplement débutant, vous trouverez ici les principales clés pour une pratique approfondie : l’importance d’être bien spécifique, la recherche des aspects, l’utilité de l’évaluation, la persévérance… et verrez aussi une  illustration de ce que sont les bienfaits partagés dans le travail de groupe. La retranscription de la première partie de cette journée se propose donc de vous offrir un éventail de procédures pour traiter en profondeur une question ou une problématique avec l’EFT. Même si les façons de travailler en groupe sont multiples, j’ai souhaité, ici, pointer les aspects essentiels qui sous-tendent la pratique pour plus d’efficacité. J’ai donc volontairement conservé au plus près les échanges avec les participants ce qui rend le texte un peu long.

Les participant(e)s sont invité(e)s à donner un exemple, une situation où ce « blocage » se manifeste.

Cerner la situation – Cibler un événement

Est-ce qu’il y a dans votre vie un événement, une fois particulière, une situation qui vous vient à l’esprit quand vous pensez que vous n’y arrivez pas ou que vous n’avancez pas ? Prenez juste ce qui vient, ce qui se présente, sans analyser.

Noémie : 

Je voudrais vendre mon restaurant, mais au lieu de me focaliser sur la vente, je mets en avant tout ce qui fait que je ne le vendrai pas.

—  Est-ce que c’est vrai que tu veux vendre ? Tu dis « je voudrais »…   Est-ce que c’est vrai que tu ne peux pas le vendre ?
     Est-ce que tu pourrais trouver des raisons qui font que tu pourrais le vendre ? ….
     … Et qu’est-ce qui t’empêche d’avancer, là ?…
— Ouh la, wwfffou… je suis perdue… j’ai un blanc, un vide.
— Il y a sans doute des raisons qui font que « c’est vide » quand tu te proposes d’avancer vers ce projet…

Françoise

Moi, j’arrive pas à me décider, à choisir. J’ai toujours autre chose à faire…

— Tu sais que ça porte un nom, ça : « la procrastination ». J’ai tout un tas de raisons qui font que je n’arrive pas à enclencher les choses, ou à les terminer. J’ai des tas de projets mais qui sont toujours en cours, un dossier à faire, j’ai des tas d’idées mais je remets toujours, j’ai toujours de bonnes raisons de ne pas m’y mettre, autre chose qui passe avant… et le bureau que je veux ranger a toujours autant de documents qui s’accumulent…

Noémieétonnée, demande :

Mais ça va à fond dans ce thème, ça… ? Moi, je me sens là dedans.

— Oui, bien sûr. « Nous sabotons nos envies, nos projets, nos meilleures idées par d’autres raisons prioritaires », c’est totalement de ça qu’il s’agit :
Quelles sont ces raisons qui font que je n’arrive pas à avancer ?
Et n’allons pas les chercher avec la tête, la réflexion, l’analyse…

Nous allons simplement nous mettre à tapoter en nous posant la question, avec cette sensation, ou déjà une situation bien précise à notre esprit qui illustre cette difficulté que j’éprouve. Notre système énergétique va se mettre en mode recherche. Soyons alors juste attentif à ce qui se présente, une image, un événement plus ancien de notre vie qui se superpose soudain, comme en flash, un lieu peut-être…

Noémie

Moi j’ai envie de faire plein de choses, mais après, quand je suis à la maison, je me dis, bof, j’ai pas envie. Il y a des gens qui appellent ça le « aquoibonisme ». Et je ne sais pas pourquoi c’est comme ça.

 — Avec l’EFT, ce n’est pas le POURQUOI qui compte mais le COMMENT. « Pourquoi » est une fausse question, c’est la tête qui va chercher. Quand tu dis « comment ça me fait quand… », tu ressens aussitôt quelque chose comme « ça m’agace, ça m’énerve , ça me désespère…», ou un noeud dans la gorge, par exemple.

Noémie : 

Je trouve que c’est douloureux, c’est angoissant.  Quand je me vois là-dedans, j’ai envie de pleurer, j’aurais envie de me foutre des coups de pieds aux fesses, je suis vraiment mal… quand je me vois comme ça ! et sa voix confirme cette émotion.

— C’est sur cela que l’EFT peut agir.

Philippe
Il y a quelque chose que je porte qui craint la réussite
— Oui, c’est une belle idée, ça… et est-ce que tu pourrais nous donner un exemple ?

 Oui… Je me souviens d’un exemple, j’étais en 4ème et en fin d’année, on jouait à la belote avec des copains et je me retrouve avec un jeu ! je ne pouvais que gagner ! Et ça m’a mis dans un stress, quelque chose qui me faisait… comme de l’angoisse… la peur de gagner ; et avec tout ça, la peur de ne pas savoir gérer, de perdre ! Si je réussis, il va y avoir aussi un ego qui ressurgit et qui va vouloir écraser les autres, c’est comme une mémoire que j’ai …et je freine mon potentiel. Sinon j’aurais quelque chose qui irait profiter de l’autre, l’écraser.
C’est comme quand j’ai acquis un savoir… je pense à une fois, au boulot, ou un collègue me demande comment ça marchait, une disquette ou un truc de ce genre en informatique pour enregistrer ; et là, j’ai un truc qui est sorti, comme ça : « Tu sais pas ça, encore ! »

— Qui t’a dit à toi dans ta vie : « Tu sais pas ça, encore ! »; ça t’est arrivé ?
— Mon père a pu me dire ça. C’est pas sous cette forme-là, mais une fois, il m’a demandé de mesurer un bois pour le couper. Je mesure et 2 minutes après, il revient pour le mesurer et pouvoir le couper. La capacité à faire et d’être sûr de ce que je fais a été coupée.
— Oui, sans doute mais va plutôt chercher l’émotion au lieu de tirer tout de suite la conclusion et d’analyser. Quand tu le vois faire ça, venir remesurer derrière toi, qu’est ce qui se passe à l’intérieur de toi ? qu’est-ce que ça te fait ? Probablement que c’est quelque chose comme ça qui est encore présent quand tu dois passer à l’action.
— Oui, je crois que c’est ce que j’ai vécu dans ma vie, chaque fois que j’exprimais une capacité de faire, il y a quelque chose qui venait couper ça…
— et maintenant, c’est toi qui te le fais tout seul… 

Pascale 
Je m’inscrirais bien là-dedans, moi aussi. J’étais partie sur le domaine professionnel. Je suis face à une situation bloquée et je n’arrive pas à demander un entretien pour moi qui pourrait débloquer cette situation…
La crainte de la réussite me parle aussi. J’ai aussi eu des messages quand j’étais petite du style « Tu finiras caissière dans un supermarché ! » et aussi une institutrice qui m’a expliqué que j’étais « bonne à rien ».
Ca a bien marché professionnellement pendant des années , et puis là… je suis en train de me saboter, alors qu’en fait je suis reconnue pour mon professionnalisme.  Demander pour les autres, pour l’équipe, j’y vais, mais pour moi… je bloque.

Je propose à chacun de cibler plus précisément la situation, avec un événement où cette problématique se montre.

Noémie :

Je n’arrive pas à vendre mon restaurant. Mais il y a autre chose qui s’est soulevé. J’ai entendu Pascale dire qu’au début ça allait bien. Et moi, c’est pareil, au début, mon restaurant fonctionnait bien. Petit à petit, dans ma tête, il y a eu « De toute façon on m’a dit que je n’y arriverais jamais. » Est-ce que c’est ça ? parce que on me l’a répété, toujours répété …

— Qui t’a dit : « Tu n’y arriveras jamais » ?
— Mes parents, ma mère surtout.
— Tout de suite, est-ce que tu peux prendre une situation précise ?
— Il y en avait tous les jours, alors…
Pour le restaurant, comme je n’ai plus de clients, ou si peu, et que j’en ai ras-la-casquette et que je veux vendre, en fait je suis épuisée de rester là à rien foutre et je veux vendre parce que je suis épuisée, je m’épuise à tuer le temps. Je n’y crois plus.

— Vendre serait donc la solution pour échapper à ce stress, cette énergie de ras le bol, fuir le problème. C’est ce que tu es en train d’expliquer…? Et en même temps, tu ne crois pas non plus que tu pourrais le vendre !
Alors, je ne te dis pas que vendre est la solution ou n’est pas la solution. Ce qui est évident, en revanche, c’est que tu t’épuises.

Tu as reçu un message comme quoi tu n’y arriveras pas, tu ne dois pas y arriver, il te faut valider ce message : « Si je ne mets pas  « ça »  en place, il y a quelque chose qui ne va pas ». Tu y arrivais pourtant au début, mais, inconsciemment, tout en faisant du mieux que tu peux par ailleurs, c’est ce message qui te commande. Par exemple, tu as mis en place une situation où il n’y a plus de clients, c’est ce que tu expliques. Certes, tu as parfaitement le droit de vouloir vendre et changer, il n’y a rien à redire à ça. On évolue dans la vie et ce qui nous a fait vibrer un temps, nous a rempli d’enthousiasme, rendu heureux, peut avoir perdu de son intérêt et on peut avoir envie de faire autre chose.
Il n’empêche que si tu n’as pas guéri, fait couler, désamorcé ce programme de sabotage, tu le retrouveras encore dans de multiples situations. L’EFT, heureusement, nous permet de faire ça, de sortir du pilotage automatique de sabotage.

Je te propose de te souvenir d’une fois particulière où ta mère te dit: « Tu n’y arriveras jamais !»

Je pense à une fois où je faisais le ménage. J’avais 10 ans. Il fallait que je nettoie la cuisinière à bois avant de partir à l’école, comme tous les matins. Il fallait l’astiquer avec la toile émeri. Ca ne devait pas être fait à son goût. Ca pouvait être « Pousse-toi, je vais te faire voir ! Tu n’y arriveras jamais ! »

Noémie choisit de se centrer sur cet épisode, avec « La cuisinière » comme titre de son film ( l’intensité dérangeante est à 10 sur une échelle de 0 à 10).

Françoise : Moi, j’étais une petite fille modèle, bons résultats, pas de bruit…
— Comment ça se passait pour toi, qu’est-ce que ça te faisait d’être aussi gentille ? Est-ce qu’il y avait des choses que tu aurais eu envie de faire et que tu n’as pas faites ? A quoi ça te ramène ce bonheur de petite fille parfaite ? A papa, à maman qui te complimentait… ?
Non, ils ne disaient rien, c’était normal.

— Est-ce qu’il n’y a jamais eu une fois où tu as fait un caprice et dont tu te souviendrais ?
Si, si, si, j’avais 5 ou 6 ans. J’avais mal aux dents. Je disais que j’avais mal aux dents, je n’avais pas la force de crier. J’étais sur mon lit. Je me sentais perdue, peut-être en colère aussi que personne ne vienne. Je me souviens que je pleurais…

Le titre qu’elle prend pour évoquer ce moment est: « Le mal de dents »  (inconfort à 10)

 Philippe choisit « Le jeu de cartes », avec la peur de se tromper. « J’ai pas intérêt à me planter » en serait le sous-titre. (inconfort à 8)

Pour Pascale, le titre est : « Caissière dans un supermarché ». Elle précise le cadre et les circonstances : Ça se passe dans la cuisine, et je devais annoncer à ma belle mère que j’allais vivre avec mon fiancé. C’était après mon bac, je faisais mes études à Limoges et nous avions le projet de prendre un studio ensemble. Pour elle, c’était tout remettre en question. Quand j’y pense, je sens une grosse boule qui remonte (l’inconfort est évalué à 8).

Nous allons faire une séance individuelle, avec l’un(e) d’entre vous, en utilisant la technique du film, et les autres, pour l’instant, vont simplement laisser leur histoire posée, avec le titre et la note, sur le papier, et ne plus s’en occuper.

La séance avec NOEMIE

Nous choisissons de traiter en détails le film de Noémie, « La cuisinière ». Chacun tapote en même temps que Noémie.

Après une première ronde sur le titre en phrase de rappel, nous abordons tout à tour les divers aspects qui se présentent : « J’ai envie de la démolir ». Elle montre sa gorge « où tout l’espace est pris par des sanglots », nous tapotons cette sensation. Puis c’est une « oppression de colère », dans la gorge, « au maxi ».
« Même si j’ai cette oppression de colère, au maxi, elle a le droit d’être là, cette colère, et je m’accepte avec ce que je sens, totalement et profondément ».
Après une ronde, la sensation s’est modifiée ; elle note comme une impression de l’avoir oubliée mais d’avoir « serré les dents ».
Nous déclinons cet aspect sous tous les angles : je serre les dents/ j’ai l’impression que je l’ai oubliée cette colère/ mais je serre encore les dents/ je serre les dents…

Une sensation s’invite à nouveau dans la gorge, qui semble l’étonner au fur et à mesure que je lui propose de voir si c’est comme précédemment : « C’est rigolo… j’ai l’impression d’être un peu…zinzin… j’ai davantage l’impression de la sentir là, de chaque côté (du cou), comme une gêne ».
« Même si maintenant je la sens sur les côtés de la gorge, et même si j’ai l’impression d’être zinzin, je m’accepte avec ce que je sens  et je me respecte profondément telle que je suis »
J’ai l’impression que je suis zinzin/ maintenant je la sens sur les côtés, là/ c’est plus tout à fait une oppression / c’est une gêne / j’ai du mal à la décrire


Je lui propose de se remettre en contact avec la scène pour évaluer ce qui reste de cette sensation, et c’est un geste qu’elle retrouve, elle lève un bras, coude plié pour se protéger le visage « Je fais ça, parce que je sens que je vais m’en ramasser une » et c’est sur ce geste que nous allons tapoter.
« Même si j’ai (vois ce geste, cette image), je m’accepte profondément avec ce que je vis »
Ce geste/ je vais m’en ramasser une/ ce geste…

Noémie sent alors monter la tristesse, dans la gorge. La sensation s’élabore progressivement : j’ai l’impression que ça va m’étouffer, comme si on m’avait mis un col en feutre, à l’intérieur. La sensation est très précise ; après la ronde de tapotements, elle a diminué en intensité et semble s’être élargie. « Je ne sais pas comment ça s’appelle mais c’est comme si mon cou était un bocal, et au lieu de soulever le couvercle, c’est sur le côté, et on l’ouvre comme ça ». L’inconfort est à 5 sur cette sensation qui disparaît après une ronde de tapotements.

Tester encore

Je lui propose à nouveau de se remettre en contact avec la scène, de repasser la cassette du film « la cuisinière ».

Elle ne sent plus le geste de se protéger, ni tristesse, ni colère mais parle maintenant de toutes les autres situations qui se mettent avec.
Je la ramène juste sur cette scène, la rassurant sur le fait qu’on aura tout le temps d’aller voir d’autres épisodes tant qu’ils seront actifs. Mais d’abord on va traiter complètement cette histoire-là qui fait partie de la saga « La S….. » (le sous-titre qu’elle avait aussi choisi pour son film et que je n’ai pas précisé par décence au début).
—  Va voir si tu es bien en y repensant ou s’il reste quelque chose qui te dérange encore. Remets-toi dans la situation,  c’était avant d’aller à l’école, tu sens que tu râles ? ou tu as l’impression que tu t’appliques ?… »
— J’ai l’impression que je m’en fous, c’est obligatoire, je n’ai pas le choix.

Peut-être une résistance à lâcher.

Elle retrouve à peine « un poil » de colère, à 2 ou 3,  mais ne le sent nulle part. Nous entamons une ronde sous forme de jeu : « Même si j’ai peut-être un poil de colère, mais je ne le sens pas, c’est OK, je m’accepte de toute façon avec cette histoire »
J’ai sans doute de la colère/ j’ai peut-être encore un poil de colère/ je devrais avoir un poil de colère/ c’est vrai, cette histoire, ça ne me plaît pas de l’avoir dans ma vie…

—  C’est à dire… je ne veux pas qu’elle gagne !  La remarque a fusé.

Nous poursuivons la ronde en jouant avec les aspects possibles de cette résistance-là: Je garde un poil de colère/ je ne veux pas qu’elle gagne sur moi/ si je lâche la colère/ c’est comme si elle pouvait tout me faire/ il ne manquerait plus que ça/ je ne veux pas qu’elle gagne sur moi / je me garde de la colère/ même si c’est qu’un poil/ tant pis si je suis mal/ au moins je lui garde de la colère/ en fait c’est pour moi que je garde la colère/ juste parce que je ne veux pas qu’elle ait raison/ et pourtant cette histoire est passée/ mais quand j’y pense, je veux me garder de la colère/ pourtant je ne la sens pas/ Mais je garde quand même le désir d’avoir de la colère.
— C’est bon
, conclut Noémie.

Une nouvelle fois, je lui demande de revenir sur cet épisode, de revoir tout ce qui s’est passé… elle paraît hésiter, « je ne sais jamais », « J’ai tellement de comptes à régler avec elle », dit-elle, avec une détresse dans la voix.
— Est-ce que ce serait quand même possible que tu puisses y penser, sans dérangement ?
— « On va dire que je garde encore une petite part ». Nous tapotons encore sur « ce besoin de gagner »
« Même si j’ai encore une petite part de ce besoin de gagner, et même si à cause de ça j’accepte d’être mal, je suis OK avec ça »
« Même si j’ai ce besoin de gagner, je pourrais peut-être lâcher quand même 
» et après une nouvelle ronde, avec toutes les variations possibles ( je pourrai peut-être lâcher/ mais je ne veux pas me forcer/ moi, j’ai besoin de gagner/ elle avait pas à me faire ça/ Moi, j’ai envie de gagner/ j’ai le droit de m’accrocher…),  je lui cite la phrase bien connue de Nelson Mandela : « La colère qu’on retient contre quelqu’un est comme un poison qu’on avale en s’attendant à ce qu’il tue cette personne. »
Noémie conclut : « C’est pas tellement salutaire, ça » 

La persévérance.

Une nouvelle fois, je l’invite à se replonger dans le film « La cuisinière ». Il reste à peine un « petit 1 ». Il y a encore ce doute : «  Je ne suis pas sûre que cette histoire ne me fasse plus rien »
— S’il y avait une raison de retenir un inconfort, ou un dérangement, qu’est-ce que ce serait ?
— Elle m’a fait tellement mal dans toutes sortes de situations… que je la mets avec le reste.
— Alors écoute, imagine que tu as une valise, et que tu y mets toutes les cassettes avec tous les films de toutes les histoires et toutes les photos de ces moments. Et maintenant pense au poids que ça fait et comme c’est difficile à soulever, et tu te promènes toujours avec cette valise. Le plus simple est de prendre la 1ère histoire qui se présente, qui est généralement lourde d’inconforts et de la vider de son contenu, entièrement. C’est ce qu’on se propose de faire avec « la technique du film ». Ensuite on s’occupera des autres.
Est-ce que tu peux aller voir ce qui pourrait te déranger quand tu penses à cette petite Toi qui a vécu cette histoire, est-ce qu’elle aurait encore envie de dire quelque chose ? envie de te dire quelque chose ?
— Elle a envie qu’on lui foute la paix. J’ai plus envie d’aller voir.

— Tu peux en rester là. Tu as le droit. Mais peut-être que c’est un petit rien qui reste et que c’est le dernier pas à faire pour te sentir totalement en paix avec cette histoire. Alors qu’est-ce qu’on fait ? Tu as le désir d’en rester là ? Cette petite fille n’avait pas envie de quelque chose d’autre, qui lui aurait fait du bien peut-être… ?
— Bof, entre la cuisinière et puis l’école, ça ne lui laisse pas beaucoup d’espace.
— 
De quoi aurait-elle pu avoir envie quand même cette petite fille ? Quelqu’un ou quelque chose aurait pu l’aider peut-être ?
— Oui, mon grand père.
« Même si j’ai encore cette histoire qui traîne par là, je choisis de me sentir protégée par l’amour de mon grand père »

Et tout soudainement, Noémie s’exclame : « Ohhh, j’ai mal à la tête ! »
Nous saisissons cette opportunité et tapotons aussitôt sur cette manifestation physique, « le casque » qui fait mal (une ronde) et sur « le choc » que ça lui fait de penser à « du bon » pour elle :« Ca, je n’ai pas l’habitude/ du bon pour moi…/ c’est pas possible/ mais je peux choisir aussi d’y penser/ je peux choisir de le sentir/ non, ce n’est pas possible… »
Après cette 2ème ronde, elle a encore comme un bandeau, à 5/10, puis à 2 et qui diminue encore à « pratiquement plus rien ».
« Même si j’ai pratiquement plus rien, c’est OK, je m’accepte telle que je suis maintenant »
J’ai pratiquement plus rien/ c’est OK, peut-être que c’est plus rien/ mais j’en suis pas sûre/ je ne sais pas comment c’est possible de le lâcher complètement/ mais je sens pratiquement plus rien/ j’ai pratiquement plus rien…
— Ah là là…de voir mon grand-père dans cette situation, là, j’ai l’impression que ça a freiné ma mère dans son élan, qu’elle n’ose pas me parler, me… je me sens protégée, je me sens bien
 !

— Oui, c’est étonnant comment en énergétique nous pouvons réécrire nos histoires ! aller chercher des ressources…
Alors, Noémie, comment penses-tu à cette histoire, maintenant ?
— Cette situation ? bwouff, pour moi, elle n’existe plus.

— Voyez, c’est quand c’est presque terminé, quand il ne reste qu’un petit quelque chose, un « chouya » de rien du tout, qu’on peut aller encore plus loin. Et tant qu’il reste un petit quelque chose, on ne lâche pas. C’est le secret d’une vraie libération avec l’EFT. On ne veut pas aller mieux, on veut aller bien.

— Ce qui est très curieux, c’est, après, de dire « est-ce que je suis sûre de moi ? » Est-ce que c’est possible ? Quand je pense à la situation, j’ai l’impression d’être anesthésiée.  Il n’y a plus rien ! Sa voix est claire maintenant.
— Est-ce que c’est désagréable ?
— Ben… je trouve que ça a un petit inconfort, parce que je me dis : « T’es pas un peu cinglée ? »
Nous enchaînons aussitôt sur une ronde : « je suis peut-être un peu cinglée / je suis comme anesthésiée/ oh, mais je dois être un peu cinglée/ comment c’est possible un truc comme ça/ moi, je me sens vivante quand ça va mal !/ et là, je me sens comme anesthésiée/ je dois être cinglée…

Et nous achevons dans un éclat de rire. Cette histoire a bel et bien perdu son intérêt.

Les bienfaits partagés

 Je me tourne maintenant vers les autres participant(e)s.

— Françoise, ton titre était « Le mal de dents ». Reviens zoomer sur ton histoire.
— Je lui avais donné un sous-titre après :« Et moi alors ! »
— 
Très bien. Où en es-tu ? C’était à 10 tout à l’heure ; et maintenant… ?
— Non, c’est fini, c’est 0.

 C’est tout l’intérêt quand on travaille en groupe. Nous accompagnons une personne et des résonances se créent. Notre subconscient établit des parallèles. Nous avons notre propre vision du problème traité, nous suivons, imaginons avec nos émotions, notre propre compréhension émotionnelle donc c’est bien de nous qu’il s’agit. Même si les détails de notre histoire sont différents, l’essence de la problématique est la même. C’est en cela qu’on peut parler de bienfaits partagés (ou bénéfices empruntés)

Et toi Philippe, avec « Le jeu de cartes »… C’était évalué à 8.
— Je dirai que je suis à 5.

— Et toi Pascale ? Tu avais noté un 8 pour « Caissière dans un supermarché »?
— Moi, j’ai fait des aller-retour entre cette histoire et celle de Noémie. Je me suis polluée avec ça, j’ai transposé souvent, comme si j’avais peur que ça ne marche pas pour moi. J’ai trouvé des tas de choses intéressantes.
— Quand tu te remets dans ton film… à combien l’évalues tu, maintenant ?
— C’est entre 0 et 2. Le coup du grand père, ça m’a aidée ; savoir que je pouvais être défendue…

PAUSE – Plus tard, nous irons voir ce qui reste dans les histoires évoquées et non encore résolues. L’atelier n’est pas terminé.

Si vous partagez ce témoignage, merci de citer vos sources:
Johanne Desterel, Praticienne et formatrice EFT, Zensight.
courriel :
 
jod470@orange.fr,  site : https://johannedesterel.com

Une douleur dans le dos… envolée

L’origine psychique de nos pathologies n’est plus à démontrer. La médecine a même un terme spécifique à cet égard :  « psychosomatique », ce qui est souvent énoncé au patient  par un « c’est nerveux » qui le laisse un peu désemparé ou vaguement coupable et impuissant.

L’EFT offre une alternative intéressante dans ce domaine, souvent étonnante par sa rapidité dans le cas de douleurs. Il est surprenant aussi de constater que la cause émotionnelle n’a pas toujours besoin d’être connue ou expliquée ni l’histoire racontée en détails pour que le soulagement intervienne, comme l’illustre la  séance avec Jocelyne, décrite ci-dessous. 

Jocelyne a une « douleur » dans le bas du dos. Elle évoque rapidement que ce problème remonte à il y a environ un an et demi. Avant c’était plutôt aux cervicales et « le dos s’est greffé dessus ». Dernièrement, au moment où elle a pris notre RV, l’inconfort était extrême dans le dos. Lors de notre séance, elle ne ressent pas particulièrement cette douleur dans le bas du dos, mais plutôt aux cervicales.

Elle a remarqué que depuis deux mois, moment où elle a entrepris un travail en sophrologie,  elle a des douleurs qu’elle « ne connaissait pas ». « On dirait que quelque chose veut sortir », explique-t-elle. Et tandis qu’elle me parle, « ça monte ».

Chasser la douleur est une procédure de base en EFT. C’est par là que nous commençons. Je lui propose donc d’entrer en contact avec ce qu’elle sent.

Elle trouve « une raideur », plutôt à droite sur le côté du cou. En explorant la sensation, c’est l’image d’un « gros tuyau rigide, gris clair » qui se présente. Inconfort évalué à 7/10. Nous tapotons simplement avec ces mots, une ronde abrégée. L’inconfort a disparu, il ne reste rien à droite, « tout est souple » !

En revanche la sensation est désagréable à gauche, avec « un léger blocage, comme un fil qui se tord, un peu rigide, mais pas du fer… » (Jocelyne accompagne l’expression d’un geste évocateur en forme de tortillon qui monte vers l’oreille), « comme un serpent », ajoute-t-elle. L’inconfort est à 5-6.

Après une première ronde, la sensation a cessé en hauteur, mais « une plaque rigide bloque l’épaule gauche », évaluation à 4. Au cours de la ronde qui suit, le regard de Jocelyne semble loin. Interrogée sur ce qui se passe en elle, elle dit qu’elle est « comme absente», que c’est « comme si elle n’était pas là ».

Un bref échange entre nous lui permet de dire que c’est très curieux, elle ne connaît pas  cet état. Habituellement, elle « contrôle » …

Elle ne sait pas dire davantage si c’est confortable ou inconfortable, c’est juste bizarre.  Elle ne sait pas quoi en penser. Alors nous tapotons sur cette « pratique bizarre »  avec les aspects que son esprit aborde sans oser,  comme « pas sérieux », « qu’est-ce que c’est ce truc ? », « comme si une partie de moi était ailleurs », « je ne sais pas si je peux y croire », « je me sens bizarre »…

Pas le temps d’aller plus avant, une douleur est apparue en bas du dos, tout d’un coup, une douleur très nette, plus dure à gauche, « une grosse boule de fer, pleine, lourde,  gris foncé ». Elle évalue la douleur à 8 et nous tapotons tout de suite sur cette manifestation.

Au cours de la deuxième ronde, des sanglots secouent Jocelyne, elle ne sait pas pourquoi elle pleure. Alors nous poursuivons avec :

« Même si je ne sais pas pourquoi je pleure, je m’accepte totalement et profondément »
« Même si je ne peux pas m’empêcher de pleurer, je m’accepte avec ce que je sens »
« Même si je ne contrôle plus rien, je m’accepte telle que je suis »

 La ronde qui suit achève le processus de libération.

Jocelyne se sent comme « vidée » mais ce ressenti est agréable, « après toutes ces années à tout porter ! ». Elle souffle comme après une course et note un tremblement dans les jambes, les cuisses, le relâchement de son corps.

Quelques tapotements autour de tout ce qui en elle semble « chamboulé » l’aide à accueillir l’émotion qu’elle ressent maintenant, une émotion « pas désagréable », qui tient plus du côté émouvant à se découvrir vivante.

Il n’a pas été nécessaire d’évoquer des événements  ou des situations problématiques, ni de lui demander ce qui  se passait ou s’était passé un an et demi plus tôt lorsque les douleurs ont commencé. Les connexions se sont complétées toutes seules, dans les coulisses de son monde intérieur.

Dix jours plus tard, la douleur n’est toujours pas revenue. « Plus rien », annonce Jocelyne qui ne cesse de s’étonner. Elle a beau la chercher le matin en se levant, elle est vraiment partie !

 
Rencontrée quelques mois plus tard, Jocelyne confirme la disparition de cette douleur. Un soulagement « INCROYABLE », insiste-t-elle.

Si vous partagez ce témoignage, merci de citer vos sources:
Johanne Desterel, Praticienne et formatrice EFT, Zensight.
courriel :
 
jod470@orange.fr,  site : https://johannedesterel.com

Brigitte et la cigarette

Brigitte a 38 ans. Elle a arrêté de fumer depuis 2 mois ½, mais se dit « invivable ». « J’ai perdu tous mes repères ».

Pour me donner une idée, elle précise qu’elle « passe du coq à l’âne » très souvent et qu’elle est « infecte ».

Je la questionne sur sa relation avec la cigarette.

Elle a commencé à fumer à l’âge de 11 ans ½ ; elle a déjà arrêté sans problèmes pendant ses grossesses. Cela ne lui a coûté aucun effort, elle précise pourtant aussitôt qu’elle était « infecte » aussi. Cependant elle n’en éprouvait aucune gêne. Après tout, c’était pour la bonne cause…

Je lui suggère de me dire comment elle le sent aujourd’hui, en quoi c’est différent et de me répondre tout en tapotant. Elle prend l’exemple de son comportement avec son mari, si par exemple il fait tomber un verre. A cette seule évocation, elle est tout de suite en contact avec une agitation qu’elle montre dans ses mimiques corporelles et conclut : « Je suis infecte ».

Nous poursuivons la ronde avec « infecte », et je lui propose de considérer que ce mot ne la définit que dans ces instants-là et qu’elle « n’est » peut-être pas « infecte » en permanence, qu’elle entre dans cet « état » comme dans un costume de scène, un rôle pour ces moments-là.

— Notons ensemble que vous n’aimez pas ce personnage, et nous allons nous en occuper, mais avant, dites-moi alors, quand vous n’êtes pas « infecte », comment êtes-vous ?
— « Tranquille. C’est quand je suis toute seule. J’ai le cerveau reposé » 

Une excursion rapide dans son histoire à 11ans ½ fait surgir une fillette «timide », « mal dans sa peau », « pas à l’aise ». « Je n’avais pas grandi par rapport aux autres filles, j’étais décalée, invisible aux yeux des autres. »

Progressivement, nous zoomons vers la 1ère cigarette . Brigitte était en 6ème, c’était avant que ses parents ne la changent d’établissement pour la mettre dans un collège privé, « avec raison » précise-t-elle.  Un jour, une copine (ah, tiens ! il y en avait quand même une …) l’a invitée chez sa grand-mère. C’était à l’étage.  Elle se souvient même du paquet de cigarettes et de la marque,  « des  Dunhill rouge » ! Un paquet brillant, il est là, devant elle ! Nous faisons tout de suite une série de tapotements sur ce nom évocateur et je lui demande de rester dans le ressenti de ce moment, d’en retrouver le goût, l’empreinte, exactement comme si elle était encore devant le paquet.

Ce n’est pas du tout difficile pour elle ; la partie d’elle-même qui a vécu ce moment est bien présente, avec un « ressenti agréable » mêlé d’interdit. Au cours des tapotements qui accompagnent l’évocation, les sensations se précisent : « Je me sens grande, je me sens plus forte ».

Comme pour l’approche du film, lorsqu’une image du passé est inscrite aussi fortement en nous, lui donner un titre permet de travailler plus facilement avec. Pas besoin d’analyser. Et pour Brigitte, ce moment de sa vie, c’est « La classe ! ». (Et j’aimerais que vous l’entendiez prononcer ce mot, en appuyant sur le « klâ »). Elle évalue le plaisir qu’elle ressent à 8/10.

Pour ceux qui s’étonneraient qu’on évalue le plaisir et non l’inconfort ou un dérangement quelconque, je précise que, ici, il s’agit de se détacher de l’objet-plaisir qui l’assujettit, la mémoire de substitution. Le « plaisir » qu’elle associe à la cigarette est justement le problème. Le souvenir qui a conditionné l’inscription fait obstacle à la tranquillité.

En évoquant cette minute, nous tapotons sur le ressenti agréable «  grande », « plus forte »… sur les différents aspects du « plaisir » auxquels les sens s’associent, jusqu’à l’odorat, la gestuelle, la saveur d’ « interdit »…

Je lui demande de me décrire une nouvelle fois la scène et de retrouver tout ce qui reste encore comme sensations. Elle est surprise de sentir maintenant « ce rouge qui serre, avec une envie de vomir ». Une ronde rapide dissipe cet inconfort.

—   « La classe ! », Comment ressentez-vous cette scène, maintenant ?
—   « J’essaie d’entrer là-dedans… », « c’est flou », « je ne m’aime pas », « j’ai une peur de repères ».

Sans poser davantage de questions, nous tapotons particulièrement sur cette expression (quelle qu’en soit la signification, elle peut se lire en écho à sa remarque du début de séance, associée à son mal être). Au cours de la ronde, je lui propose même d’alterner : « cette peur de repères » avec « j’ai perdu (tous) mes repères ».

Brigitte a maintenant « l’impression de planer », plutôt agréable, et sent son « cerveau calme ».

Nous terminons la séance avec une affirmation-choix.
« Même si j’ai un petit reste de cigarette plaisir, je choisis maintenant le cerveau calme. »

Deux mois plus tard, au cours d’un échange, Brigitte me parle des améliorations ressenties depuis notre séance, elle se sent plus apaisée, avec « un poids en moins ». Elle n’a plus envie de fumer. Reste encore cependant un besoin de s’occuper, le matin particulièrement, un surcroît d’activité ou d’agitation… Une nouvelle séance est envisagée.

Si vous partagez ce témoignage, merci de citer vos sources:
Johanne Desterel, Praticienne et formatrice EFT, Zensight.
courriel :
 
jod470@orange.fr,  site : https://johannedesterel.com

La tourterelle

Depuis toutes ces années où j’utilise l’EFT, je n’en ai jamais fini de m’émerveiller sur tout ce que je vois se produire. Cela peut même sembler « magique » lorsque cela concerne un animal. Pour moi, c’est surtout une nouvelle preuve de l’interrelation entre toutes les formes de vie et l’occasion d’un nouveau regard sur les possibilités infinies dont nous sommes nanties.

L’EFT pour un animal :

J’aperçois sur mon parking une masse ébouriffée, une tourterelle presque inerte. Je m’approche doucement pour ne pas l’affoler et je vois que ses paupières closes n’ont même pas la force de s’ouvrir. Je distingue une grosse tique sur un côté de sa tête et des saletés qui se sont amassées autour de son bec.

Précautionneusement, je l’attrape pour ôter la tique. Elle peut à peine remuer, même pas se défendre. J’en profite pour regarder si elle n’est pas blessée puis je nettoie son bec en le trempant dans un peu d’eau additionnée de 2 gouttes d’extrait de pépin de pamplemousse. Elle réagit si peu que sur l’instant je ne donne pas cher de son devenir.

Dans les minutes qui suivent arrive ma première cliente de l’après-midi.
La séance terminée, je la raccompagne. La tourterelle n’a pas bougé de place ; elle semble encore plus affaissée, presque chancelante.  Ma cliente me dit : « Ouhwouff… là… je crois queeee… » et nous pensons qu’il n’y a pas grand chose à faire.

Après son départ, je regarde une nouvelle fois cette tourterelle, qui semble jeune encore. Son chemin s’est arrêté là, je ne peux rien empêcher… et soudain je me souviens que j’ai « un petit truc » qui s’appelle EFT, qui marche aussi avec les animaux. S’il y a une chance de l’aider, saisissons-là. Je n’attends rien de particulier, je vais juste tapoter sur moi  en me connectant à elle.

Je suis à 3 mètres en arrière et un peu décalée sur le côté.
«Même si cette tourterelle est mal en point, c’est un bon oiseau. »
« Elle est mal en point / à bout de forces… 
»
Non, je n’ai pas rêvé, elle a réagi ! Son cou tressaute un peu à chaque fois que je change de point, comme pour se soulever. Pourtant je ne fais pas de bruit, je murmure à peine. Quand nous parlions tout à l’heure avec ma cliente, elle restait prostrée…

Je poursuis la ronde en égrenant le malaise  que j’imagine : « Elle est tellement mal/ elle n’en peut plus/ elle est mal en point… ». A chaque changement de point, sa tête émerge un peu plus nettement et autant qu’elle peut tente de se tourner dans ma direction. C’est à peine croyable ! Si vite !

La  première ronde achevée, je continue en disant « je », comme si j’étais elle.
«Même si je me sens mal encore, je suis une bonne tourterelle . »
« Je me sens mal encore / épuisée / j’ai encore du mal à bouger … 
», j’imagine juste dans quel état elle peut se sentir.
Progressivement, la paupière de mon côté s’entrouvre, cligne plusieurs fois. Et tandis que je poursuis, la voilà qui écarte un peu une aile, maladroitement encore; elle entreprend de se nettoyer dessous, dessus… par petits coups de bec espacés, d’un côté, de l’autre. Elle est encore faible, s’arrête, récupère un peu, reprend…  pendant que j’enchaîne une nouvelle ronde.

Elle semble moins groggy, même si elle n’est pas encore bien gaillarde. J’effectue une nouvelle séquence avec « encore un reste de fatigue ». Je la vois alors se soulever un peu, essayer de se déplacer sur ses pattes, tituber, bouger encore, trouver un nouvel équilibre au sol…

Je  ne peux que constater la rapidité avec laquelle elle retrouve de l’énergie. Je me surprends à sourire en la regardant. Je ne doute pas qu’elle va retrouver la force de voler.

 Le téléphone m’appelle à l’intérieur. Lorsque je reviens dans le quart d’heure qui suit, elle n’est plus là !

Sans doute est-ce dans ces moments où nous lâchons nos croyances au sujet de ce qui peut s’accomplir que tout peut se passer.

Et pour ceux et celles qui se demanderaient encore comment c’est possible, je rappellerai brièvement que toutes les formes de vie s’exercent dans un champ électromagnétique et que les animaux, comme les plantes, sont dotés d’un système énergétique qui peut être perturbé tout comme le nôtre. La connexion entre deux systèmes énergétiques permet une action par « substitution» ; par le truchement des tapotements sur mon système, une action indirecte est possible sur un autre système énergétique qui peut recevoir… dans le sens qui lui convient et selon ses besoins. Car il reste essentiel de garder le plus grand respect de ce qui s’accomplit et qui ne nous appartient pas.

Mais le mieux est sans doute d’essayer et de simplement constater, au-delà de tous préjugés.


Pour d’autres témoignages sur l’EFT avec les animaux, consultez aussi sur ce blog: Ce chien qui aboie sans cesse et Etonnée et bluffée…!.

Pour approfondir la communication avec les animaux, visitez le site de Laila DEl MONTE, pionnière dans ce domaine.

Si vous partagez ce témoignage, merci de citer vos sources:
Johanne Desterel, Praticienne et formatrice EFT, Zensight.
courriel :
 
jod470@orange.fr,  site : https://johannedesterel.com

Douleur d’origine psychosomatique

L’étude cas que me transmet de Sandrine illustre la façon dont l’EFT permet de remettre en mouvement des émotions enfouies que nous n’avons pas pu, pas su ou pas voulu exprimer au momentoù se sont produits des événements douloureux.
Lorsqu’ils ne sont pas entendus, ces ressentis refoulés se manifestent de diverses façons, jusqu’à des années plus tard, se traduire par des douleurs comme souffre Albertine, la cliente de Sandrine.

Albertine, une femme de 81 ans, souffre de diverses douleurs, des douleurs ressenties dans la journée et qui perturbent fortement ses nuits. Cela dure depuis de très nombreuses années. Au début, elle n’en a pas fait cas. Puis, ces douleurs sont devenues tellement courantes qu’elle s’est décidée à passer (et repasser) des examens médicaux, à chaque fois le même diagnostic : rien.

Des médecins lui ont suggéré que ces douleurs pouvaient être d’origine psychosomatique.

Je m’informe sur ses douleurs et ses ressentis physiques, à quel endroit, elle ressent ces douleurs ?  Elle me répond que « les douleurs sont diffuses ». Je lui demande « Si vous deviez en identifier une aujourd’hui, peut-être plus forte que les autres, ou plus présente,  quelle serait-elle ? ». Mais il lui est difficile de sortir de ces sensations « diffuses ». C’est donc avec cela que nous commençons et tandis que nous tapotons sur « ces douleurs diffuses », « je ne sais pas trop où »… une zone se rappelle à son attention, plus particulièrement. Nous nous centrons sur cet endroit de son corps et nous tapotons sur les sensations qu’elle décrit à cet endroit-là.

Le « petit mieux » qu’elle peut voir est bien léger. Je continue l’investigation « depuis quand  souffrez-vous? », « vous vous souvenez de la première fois où vous avez ressenti ça ? ».  Elle reste silencieuse. C’est alors que je lui demande :

« Qu’est-ce que ces douleurs vous empêchent de faire ? »

Rapidement, des émotions remontent. Elle dit « Je dois souffrir ».

Je lui demande de me préciser ce qu’elle entend par là et d’où lui vient cette idée: « Mon mari est mort d’un cancer à 40 ans, il a énormément souffert et je n’ai rien pu faire pour l’aider». Elle se met à pleurer.

Il n’y a pas besoin de la replonger dans ces souvenirs difficiles, ils sont bien présents. Je lui demande alors : « Quand vous me parlez de la mort de votre mari, quelle est la pire des images qui vous revient, qui s’impose à vous ? », Elle me répond sans hésiter : « Je le revois à l’hôpital, sur le lit, les traits de souffrance sur son visage. J’ai souhaité sa mort, je ne pouvais rien faire pour alléger ses souffrances. J’ai tellement honte d’avoir souhaité sa mort ». Elle pleure, culpabilise 40 ans plus tard d’avoir eu cette pensée. Elle ne l’avait jamais dit. 

« Vous parlez de honte… allez voir ce qui se passe à l’intérieur de vous quand vous avez ce sentiment, cette émotion? ». Elle répète seulement « je ne pouvais rien faire ». C’est cette phrase que nous prenons pendant qu’elle se centre sur cette sensation difficile. D’autres  images de ce moment remontent, l’une après l’autre… Nous tapotons sur chacune d’elles. Progressivement, elle ressent un apaisement, comme une libération.

Comme elle était venue pour des douleurs, je lui demande si elle ressent encore un endroit douloureux dans son corps ou peut-être dans la zone qu’elle m’avait indiquée précédemment. Mais visiblement, ce n’est plus d’actualité. Comme notre séance a déjà été un peu longue, je lui propose qu’on se revoie.

 Albertine revient trois semaines plus tard. Immédiatement, je vois son visage plus ouvert, lumineux, rayonnant. Elle m’annonce : « Depuis la séance, ma vie a changé à 100%, je n’ai plus de douleurs ! J’ai retrouvé de l’envie et de l’entrain. Mon entourage ne me reconnaît pas ». Afin de valider ce qu’elle me dit je la provoque un peu : « Plus du tout de douleur ? », « Vraiment ?».  Elle confirme, avec un grand sourire. 

Sandrine MOREAU
Toulouse – 06 20 35 42 63
www.sophrologie31.net

Si vous partagez ce témoignage, merci de citer vos sources:
Johanne Desterel, Praticienne et formatrice EFT, Zensight.
courriel :
 
jod470@orange.fr,  site : https://johannedesterel.com